Du tac au tac...

Du tac au tac...
Quel talent aimeriez-vous posséder? Etre musicienne.

A quel bien matériel êtes-vous le plus attachée? Au chauffage.

Qu'aimeriez-vous changer en vous? Mes cernes.

Quand êtes-vous le plus heureuse? Quand je fais l'amour. Quand j'écris exactement ce que je veux écrire.

Votre objectif actuel? Passer une bonne nuit.

Votre principal objectif dans l'existence? Réussir mon amour jusqu'au bout.

Que voudriez-vous éviter le plus à votre enfant? D'en arriver à se détester lui-même.

Quand ça ne va pas, quel est votre truc pour vous remettre en selle? Je passe l'aspirateur.

Votre citation favorite? Elle est de moi: "Je suis systématiquement non-systématique". Ou de Chateaubriand : "Soyez économe de votre mépris, il y a beaucoup de nécessiteux."

Où aimeriez-vous le plus vivre? L'important n'est pas "où" on vit, mais avec qui.

Que préférez-vous chez un homme? La noblesse.

Chez une femme? La folie.

Sous quelle forme vous réincarneriez-vous? Sous forme de neige. Ou d'éponge. L'éponge vit dans l'eau, n'a pas d'ennemis et absorbe.
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# Posté le samedi 04 mars 2006 14:25

Modifié le dimanche 05 mars 2006 06:06

Interview pour Radio-Canada en 1999

Christiane Charette : Alors nous allons rejoindre en direct à Paris l'auteur Amélie Nothomb. Je crois que vous la connaissez bien. D'abord elle a une personnalité qui ne passe pas inaperçue. Elle est quand même venue ici en tournée de promotion quelques fois. Alors je pense qu'elle a quand même marqué les gens. Et il faut dire que son nouveau roman "Stupeur et tremblements" connaît un succès assez exceptionnel. Il est le meilleur sinon un des meilleurs vendeurs en France. Ici, au Québec, on le retrouve aussi un meilleur vendeur ou un des meilleurs vendeurs dans les librairies. Et elle est, en ce moment, en lice pour le Goncourt, le prix Renaudot, l'Interallié, le prix de l'Académie Française.
Amélie Nothomb, à Paris, en direct, à deux heures du matin, bonsoir.

Amélie Nothomb : Bonsoir.

Bonsoir. Alors ca va très bien pour vous?

Ah je ne suis certainement pas à plaindre pour l'instant.

Je dois dire que votre roman, "Stupeur et tremblements", m'a charmé, m'a fait sourire. Et je pense que c'est ce qui arrive. Les gens sont charmés par l'esprit que l'on retrouve dans "Stupeur et tremblements".

Vous savez, moi j'ai beaucoup de mal à expliquer pourquoi ce livre à tant de succès. Ca raconte quand même une histoire assez dure, qui est comique quand on la lit, mais quand on examine ce qui se passe ce n'est pas si drôle que ca. J'imagine que si les gens sont charmés c'est parce que je raconte l'histoire avec assez distance, parce que si j'avais raconté les choses au pied de la lettre, ca n'aurait pas été si drôle que ca, je crois.

En ce moment, on va parler de "Stupeur et Tremblement". Mais, en ce moment, la vie que vous menez, c'est vraiment la vie du monde littéraire parisien. Comme vous êtes Belge et que vous vivez en dehors de Paris, j'ai eu l'impression que vous vous étiez toujours un peu protégé contre ça, mais en ce moment vous êtes immergée par cette vague-là.

Oui et non. Parce que, bon, j'ai ce succès immense, mais, vous savez, je n'y suis absolument pour rien. Je n'ai jamais mis les pieds dans un cocktail littéraire. Je ne fréquente absolument aucune coterie parisienne. Ce succès se passe malgré moi si je peux dire.

Donc, vous restez donc toujours aussi indifférente au milieu littéraire français, malgré tout.

Ce n'est même pas de l'indifférence, j'ai l'impression de ne jamais l'avoir rencontré. Il est vrai que je ne l'ai jamais beaucoup recherché.

Alors on va aller au Japon avec "Stupeur et tremblements" qui raconte cette expérience donc que vous avez, j'imagine, un peu vécu et puis que vous avez beaucoup exagéré aussi.

Oh non, détrompez-vous, c'est une histoire que j'ai totalement vécue et que je n'ai nullement exagérée. Je sais que personne ne me croit sur ce coup-là, je vous assure que c'est arrivé totalement comme ca.

Moi, je ne vous crois pas, j'avoue. Je pense qu'il y a une base de vérité, mais je pense que vous êtes une formidable menteuse et que votre talent est justement là.

Ce serait tout en mon honneur, donc, tant mieux. Vous savez, j'ai tellement l'habitude qu'on ne me croit, depuis que je parle, c'est-à-dire depuis que j'ai trois ans, on ne m'a jamais cru, donc c'est pas très grave.

Les japonais, ils ont réagi comment à ce livre?

Écoutez, la question est d'actualité puisque la semaine dernière c'était la foire littéraire de Frankfort, la foire où tous les éditeurs viennent se rencontrer pour faire leurs achats chez les éditeurs étrangers. Et trois éditeurs japonais se sont pressés auprès d'Albin Michel pour acheter les droits du livre, ca prouve au moins que ca les intéresse, maintenant, ça les intéresse, mais ce n'est pas pour ca qu'ils vont forcément bien réagir, nous verrons bien. Jusqu'à présent, cinq femmes japonaises à ma connaissance ont lu le livre en français et trois d'entre elles sont enthousiastes et deux d'entre elles sont venues me voir comme un véritable KGB - KGB très poli car que ce sont des japonaises - en m'ordonnant d'écrire un autre livre qui donne une meilleure image du Japon.

A l'époque où vous avez raconté ce qui se passe dans "Stupeur et tremblements", c'est-à-dire votre expérience catastrophique alors que vous travaillez dans une grande compagnie japonaise. Vous dites dans le roman à un moment donné : " Je ne parle pas de ma vie privée à ce moment-là, mais j'avais une vie privée. ". Moi ca m'intéresserait un peu. Parce que j'ai déjà entendu dire que vous avez eu un fiancé japonais.

Mais au moment même où je vivais Stupeur et tremblements j'étais fiancé à un japonais, mais ca me paraissait tout à fait hors sujet dans le livre, c'est un livre sur l'entreprise japonaise, donc je n'allais pas parler de ce fiancé. Mais ca se passait très bien, vous savez, il était tout à fait charmant, je n'ai que des bons souvenirs de lui.

Alors ce fiancé japonais vous le regrettez parfois?

Non, absolument pas. J'ai passé avec lui deux années dont je n'ai que des bons souvenirs, mais je suis partie sans l'ombre d'un regret.

Alors, parlez-moi de Mademoiselle Mori parce que finalement elle est le personnage central de votre livre, après vous.

Donc, Mademoiselle Mori était ma supérieure directe. C'était une grande et jeune japonaise d'une très grande beauté. Elle était réellement comme ca, je sais que vous ne me croyez pas, mais elle était réellement comme ca. Moi, quand je suis arrivée, ah comme elle a l'air gentille, vous savez, les japonaises ont souvent l'air très gentil, un visage très doux et tout et tout, donc quelle chance de travailler avec une collègue aussi aimable, et puis, après environ un mois, un mois et demi dans l'entreprise je me suis rendue compte que c'était la pire peau de vache de l'entreprise. Ca a été en fait le pire de mes bourreaux pendant l'année entière que j'ai passée dans cette entreprise. Mais ca n'empêche pas qu'elle a toujours exercée sur moi une véritable fascination. Elle était très intelligente, très belle, très impressionnante. Et on peut dire que dans ce livre, elle va symboliser finalement le Japon et les relations ambiguës que je vais avoir avec cette très belle jeune femme japonaise vont être tout à fait symboliques des relations que je vais avoir avec le Japon lui-même, cette fascination / incompréhension.

Vous avez été victime d'un certain racisme, en fait, c'est amusant votre livre. C'est pas un drame raciste, mais c'est une tragi-comédie raciste si on peut dire.

On peut dire ca, c'est une tragédie comédie raciste, avec une nuance bien évidemment que tous les japonais ne sont pas racistes, c'est comme en Europe aussi, il y a du racisme, mais tout le monde n'est pas raciste. Au Japon, il y a du racisme, même beaucoup de racisme, mais tous les japonais ne sont pas racistes. Mais, en revanche, quelques individus de l'entreprise le sont. Elle, par exemple. C'est un racisme assez particulier parce qu'on ne vous dit pas en pleine figure : " Vas-t'en sale blanche " mais on vous fait comprendre avec beaucoup de sous-entendus que vous appartenez vraiment à une race inférieure, enfin que vous n'appartenez pas du tout au peuple élu, qui est bien évidemment le peuple japonais.

Dans ce que vous êtes aujourd'hui, Amélie, avec tout votre succès, est-ce qu'il y a en vous des traces qui restent. Parce que quand même, ils vous ont dressé d'une certaine manière. Vous avez été une victime consentante. Vous, vous avez demandé " Donnez-moi des coups, donnez-moi des coups, donnez-moi encore plus de coups ".

Non, non, non. Je n'ai pas demandé des coups, je vous assure, je les ai acceptés. Il y a un mur de différence entre les demander et les accepter. Je me suis soumise, parce qu'une femme japonaise se soumet, mais ca ne veut pas dire que je demandais les coups, il y a quand même une grosse nuance. Quand à savoir si ca m'a influencé, c'est certain. Encore aujourd'hui, je me rends bien compte que par beaucoup de mes attitudes, je suis restée une petite employée japonaise.

Expliquez-moi davantage, qu'est-ce que vous voulez dire?

Oui, évidemment, comme j'ai l'habitude que vous ne me croyez pas, ce n'est pas très grave. Dans ma manière de travailler par exemple. Bon, quand j'écris, je ne suis pas du tout une petite employée japonaise. Mais quand je vais à ma maison d'éditions à Paris, chez Albin Michel donc, je me conduis comme une petite employée japonaise. Quand je vois un supérieur, je suis déjà en situation d'humilité, j'obéis aux ordres. Je vois bien comment se conduisent les autres écrivains à Paris, les autres écrivains se conduisent vraiment comme des grandes gueules qu'il faut honorer. Tandis que moi je continue à me conduire comme une petite employée japonaise qui va faire son travail.

De ces prix littéraires, lequel on vous souhaite?

Vous savez, très sincèrement, vraiment très sincèrement, je suis déjà très heureuse comme ca. Franchement, je suis première des ventes en France, ça ne m'était jamais arrivé, je trouve que comme ascension sociale pour une ex Madame Pipi, puisque je rappelle que dans "Stupeur et tremblements" je termine en tant que Madame Pipi de l'entreprise. Comme ascension sociale de passer de madame Pipi à numéro un des ventes en France, c'est déjà bien suffisant, s'il fallait en plus que j'aie un prix littéraire, franchement j'en ai pas besoin. Maintenant, si j'en ai un, je ne vais pas pleurer, c'est certain.

C'est une affaire à suivre car c'est vrai que pendant ce récit qui dure un an, l'année d'Amélie Nothomb dans l'entreprise où elle passera du service de traduction au service des toilettes. Effectivement c'est une affaire à suivre. Et Amélie, promettez-nous que si un jour ce roman est publié au Japon et que si allez faire une tournée de promotion au Japon, j'aimerais bien vous interviewer quand vous y reviendrez, ce serait certainement passionnant d'entendre ce que vous avez à dire.

Oh oui! (rires dans le restaurant). Je ne suis pas sûre que j'aurai le courage d'y aller. Imaginez que la véritable Fubuki Mori qui a réellement existé vienne me voir dans une de ces séances de signature comme il peut y en avoir dans les librairies et vienne se poster en face de moi avec le bouquin, mais imaginez un petit peu ma réaction? Qu'est-ce qu'il me reste à faire, sapouto (?), je ne sais pas moi.

Merci beaucoup, bonne nuit Amélie Nothomb.

Bonne nuit... ah non pour vous c'est pas...
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# Posté le samedi 04 mars 2006 14:41

Rencontre avec Thierry Mugler

Rencontre avec Thierry Mugler
A la question : à quel écrivain aimeriez-vous exposer votre vision de l'élégance en l'an 2000 ? Le couturier-photographe, qui a réalisé pour Gala une exceptionnelle série de photos, a spontanément répondu : "Amélie Nothomb!".
La rencontre a lieu à Paris, dans le bureau nid d'aigle du couturier. L'écrivain a admiré les clichés réalisés par Thierry Mugler, lequel lui a parlé mode et littérature. Un face-à-face intime et chaleureux qui a inspiré la jeune femme.


Thierry Mugler connaît le principe de base de la création, à savoir que l'art précède la réalité : c'est la réalité qui s'inspire de l'art et non le contraire. Ainsi, comme il rêvait d'un salon de mode de l'an 2000 encore utopique, Thierry Mugler l'a crée en le photographiant, conscient que ce qui désormais existe sur des photos sublimes aurait plus de chances d'exister, un jour, pour de vrai.
Ces photos nous montrent des femmes dorées et nacrées, vêtues de splendeurs qui portent la griffe de Thierry Mugler mais aussi d'Yves Saint-Laurent ou de Balenciaga - car il n'y a rien de moins narcissique que ce salon idéal de l'an 2000, qui est pur hommage à une beauté intemporelle. Ceux qui y chercheraient des délires futuristes en seraient pour leurs frais : c'est le règne d'un classicisme intemporel, d'une aisance hypercivilisée qui est un sommet d'élégance. Et l'on se surprend à penser, contre toute probabilité, que ces créatures de si haute tenue ont l'air de se sentir merveilleusement bien sous leurs apparences de reines statufiées. Et cette illusion, si c'en est une, porte leur élégance à son comble.
Comme toutes les grandes oeuvres, la ligne Thierry Mugler est nées d'une tension fondamenale : paradoxe vivant que cet homme, dont la nature est la frivolité et la fantaisie mêmes et dont la contrainte intérieure est une rigueur absolue qui est la condition de son expression. On comprend mieux, quand on apprend que ce fou génial est un ancien danseur classique : est-il école plus impitoyable ? Il en résulte un classicisme fabuleusement inventif, dont l'extravagance épurée n'a peur di de l'érotisme ni de l'humour. Ce paradoxe porte un nom : cela s'appelle la classe.
C'est que chez Thierry Mugler le vêtement est la partie émergée de l'iceberg : il n'est que le détail d'une vision globale, d'une esthétique. Cette dernière, Thierry Mugler la révèle autant par ses modèles que par ses photos - il est le premier et pour ainsi dire le seul styliste à photographier lui-même ses créations - mais aussi par une philosophie du comportement : "La plus grande élégance, me dit-il, c'est la vérité. Mon salon de mode de l'an 2000, c'est aussi cela : un lieu d'accueil et de célébration de la beauté, sans mensonge ni tricherie."
Que l'on me pardonne de terminer par ce détail égocentrique : Thierry Mugler a lu mon dernier roman et il en parle admirablement. Il évoque les passages consacrés à la défenestration : "J'adore, me dit-il. Tenez, j'ai pensé à vous." - et il sort de ses trésors deux photos de femmes vêtues avec un chic fou, au bord du vide : "Ne trouvez-vous pas, me dit-il avec légèreté, que ce sont les tenues idéales pour se jeter par la fenêtre ?".
Et il éclate de rire. Il rit beaucoup, d'ailleurs. C'est aussi cela, Thierry Mugler : un style sublime qui ne se prend pas au sérieux.
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# Posté le samedi 04 mars 2006 14:45

Télé-Bruxelles

Télé-Bruxelles
"L'Autre Journal" est une émission de la télévision régionale "Télé-Bruxelles".
Amélie Nothomb y vient le 23 septembre 2002pour présenter Robert des noms propres, le livre qu'elle édite aux éditions Albin Michel en 2002. Elle en profite également pour évoquer le personnage de Robert, la chanteuse.
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# Posté le samedi 04 mars 2006 14:50

Canal+

Canal+
"L'hyper Show" est une nouvelle émission de Canal+ pour la rentrée 2002. Comme à son habitude, Amélie Nothomb expérimente les nouveaux concepts d'émission puisqu'elle sort son actualité annuelle à la fin du mois d'août. Face à Frédéric Beigbeder le 5 septembre 2002, Amélie est pareille à elle-même, agréable et polie, puisant en elle ce qu'il y a de japonais pour garder sa bonne humeur dans un milieu qui incite à l'agacement.
Elle évoque l'intringue de Robert des noms propres qui est son roman de 2002. Par la même occasion, elle assure la promotion de la chanteuse Robert qui prépare probablement les concerts qu'elle donnera au début du mois d'octobre 2002 à Paris.
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# Posté le samedi 04 mars 2006 14:54

Modifié le mardi 24 juillet 2007 01:46