Pas de rentrée littéraire sans Amélie Nothomb, et ce depuis 11 ans ! L'auteur avoue écrire trois romans par an dans le plus grand secret, mais n'en publier qu'un seul à chaque rentrée. Alors Amélie Nothomb, graphomaniaque ou pas ?
Une écorchée vive
Amélie avoue avoir peur de l'abandon, de la solitude. Elle ressent un grand manque d'affection. Son amie la chanteuse Robert (dont Amélie s'est inspirée pour écrire son Robert des noms propres) dit d'elle : "c'est une enfant qui ne grandira jamais". Sa Biographie de la faim résume son état : elle reste dans une situation d'affamée.
Amélie sous les feux de la rampe...
Les critiques littéraires ne la touchent pas, elle avoue préférer l'opinion de ses lecteurs ; elle reçoit d'ailleurs de nombreuses lettres de leur part. Avec le temps Amélie est devenue plus sage, plus discrète. Fini les chapeaux extravagants et le maquillage vif. Elle qui accordait des interviews dans des cimetières (comme en 1996) et a révélé chez Bernard Pivot se délecter de fruits pourris, fuit désormais les médias et se concentre sur son travail. Elle vit entre Paris et Bruxelles et ne se déplace que pour ses livres, partant sur les routes à la rencontre de ses lecteurs. Cette année elle a accordé une interview à Guillaume Durand, qu'elle a reçu chez elle, pour l'émission 'Campus' consacrée à la rentrée littéraire 2005. Elle écrit tous les matins, pendant environ quatre heures, et ce à partir de 4 heures du matin, avec un crayon bille sur un cahier d'écolier. Son conseil ? Ne jamais tenir compte des conseils ! Que ce soit dit.
Et les lecteurs dans tout ça ?
Difficile de passer à côté d'un tel phénomène. Qu'est-ce qui attire donc son public ? Avant toute chose, les romans d'Amélie sont empreints d'expériences personnelles mais passibles d'être vécues par tous. Son style décalé est toujours accompagné d'humour. Certains de ses livres sont autobiographiques, comme Métaphysique des tubes ou purement fictionnels (les Catilinaires) mais ils attirent tous autant les lecteurs.