Citations d'Amélie Nothomb

"Au fond, les gens ne lisent pas, ou s'ils lisent, ils ne comprennent pas, ou s'ils comprennent, ils oublient."
(Extrait de Hygiène de l'assassin)

"Ce sont les petits esprits qui sont les plus nuisibles."
(Extrait de Péplum)

"A la différence du roman, la chanson cherche inlassablement la clef d'une énigme tendue par la mélodie."
(Extrait du magazine L'Express - 13 Juin 2002)

"La Parisienne est une légende, donc elle existe plus que les autres femmes, et ce pour l'éternité."
(Extrait du magazine Vogue - Août 2000)

"Tout le monde a un ennemi à l'intérieur de soi."
(Extrait du magazine Libération - 9 Septembre 1997)

"A quoi bon se tuer à naître si ce n'est pour connaître le plaisir ?"
(Extrait de Métaphysique des tubes)

"Notre unique spécificité individuelle réside en ceci : dis-moi ce qui te dégoûte et je te dirai qui tu es."
(Extrait de Métaphysique des tubes)

"On peut rater sa vie à cause d'un seul mot."
(Extrait de Biographie de la faim)

"L'absence de faim est un drame sur lequel nul ne s'est penché."
(Extrait de Biographie de la faim)

"Je juge les actes à l'aune de la jouissance qu'ils donnent. L'extase voluptueuse est le but souverain de l'existence."
(Extrait de Cosmétique de l'ennemi)

"C'est drôle ce besoin qu'ont les gens d'accuser les autres d'avoir gâché leur existence. Alors qu'ils y parviennent si bien eux-mêmes, sans l'aide de quiconque."
(Extrait de Cosmétique de l'ennemi)

"La planète fourmille de criminels qui fuient leur châtiment."
(Extrait de Cosmétique de l'ennemi)

"Le risque, c'est la vie même. On ne peut risquer que sa vie. Et si on ne la risque pas, on ne vit pas."
(Extrait de Cosmétique de l'ennemi)

"Comme les rêves sont cruels, qui nous laissent entrevoir des merveilles pour mieux nous en priver !"
(Extrait de Mercure)

"A quoi serviraient les morts, sinon à aimer les vivants davantage ?"
(Extrait de Mercure)

"Pourquoi est-il impossible de faire du bien à quelqu'un sans lui faire de mal ? Pourquoi est-il impossible d'aimer quelqu'un sans le détruire ?"
(Extrait de Mercure)

"Le plaisir est une merveille qui m'apprend que je suis moi."
Amélie Nothomb

"L'esprit humain souffre d'une carence intellectuelle fondamentale : pour qu'il comprenne la valeur d'une chose, il faut le priver de cette chose."
(Extrait de Attentat)

"Ce sont toujours les mochetés qui critiquent le physique des autres mochetés."
(Extrait de Péplum)

"Entre ce qui a eu lieu et ce qui n'a pas eu lieu, il n'y a pas plus de différence qu'entre plus zéro et moins zéro."
(Extrait de Péplum)

"Il n'est d'intelligence que créatrice."
(Extrait de Péplum)

"Il y aura toujours dans la foule un crétin qui, sous prétexte qu'il ne comprend pas, décrétera qu'il n'y a rien à comprendre."
(Extrait de Péplum)

"Il est bien plus divertissant d'être ennuyeux que d'être intéressant."
(Extrait des Catilinaires)

"Affronter un bavard est une épreuve, certes. Mais que faire de celui qui vous envahit pour vous imposer son mutisme ?"
(Extrait des Catilinaires)

"Le doute et la peur sont les auxiliaires des grandes initiatives."
(Extrait de Hygiène de l'assassin)

"Les gens sont les mêmes dans la lecture que dans la vie : égoïstes, avides de plaisir et inéducables."
(Extrait des Combustibles)

"On peut aimer quelqu'un tant qu'on peut le comprendre"
(Extrait d'Acide sulfurique)
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# Posté le vendredi 03 mars 2006 14:11

Modifié le mardi 25 juillet 2006 05:38

Interview pour Le Club

Le Club : Ainsi dès votre naissance, vous vous prenez pour Dieu...

Amélie Nothomb: Mais tous les enfants se prennent pour Dieu. La seule différence, C'est que je m'en souviens tellement bien. En essayant de remonter très loin dans ses souvenirs, on se heurte à un rempart, et cependant, on garde une impression. C'est pourquoi le livre commence à la troisième personne. Au deuxième tiers, on passe au " je ", là commencent véritablement mes souvenirs.

Le Club : Vous avez utilisé des techniques pour remonter si loin dans le passé : le rebirthing, la psychanalyse?

Amélie Nothomb : Non, je fais ça toute seule. Depuis toujours je suis obsédée par la mémoire. Dès que j'ai appris que j'allais quitter le Japon, dès que j'ai su que ce ne serait pas " pour toujours ", alors c'est devenu un devoir: " Souviens-toi, tout va disparaître, souviens-toi, parce que bientôt tu n'en conserveras que ce que tu as gardé là. "

Le Club : La part divine de l'humanité, c'est juste une figure de style ou vous y croyez réellement?

Amélie Nothomb : Je ne vais pas me lancer dans des discours théologiques, mais qu'il y ait une part métaphysique, divine en l'homme, c'est certain. C'est des choses qu'on sent. Quand j'étais toute petite, j'entendais une voix qui disait: " c'est moi qui vit en toi. " Et je me disais, " mais qui me parle? " Je ne vais pas jouer à Jeanne d'Arc, c'est un truc qu'on a tous eu, non ? L'idée que quelqu'un vit en nous et qu'on ne sait pas ce que c'est, mais qu'on n'est pas tout seul là-dedans. Dans son dernier livre, mon ami Eric-Emmanuel Schmitt dit, ou plutôt le Christ, qu'il y a un puits en nous et qu'il y a moyen d'y descendre, c'est une chose que je fais souvent. J'appelle ça " descendre dans mon sous-marin ". Ca n'exige pas nécessairement de l'isolement et du silence, mais plutôt de la concentration. Je fais souvent ça à la gare, quand j'ai mon train à prendre.

Le Club : Le secret, ce serait la concentration?

Amélie Nothomb : Que j'obtiens aussi grâce à une très grande énergie mentale que je cultive en buvant du thé très fort. On ne le dira jamais assez : pour écrire il faut toute sorte de choses, mais il faut d'abord une énergie phénoménale. Même en étant une personne énergétique, j'en ai pas assez en moi, alors je bois un thé monstrueusement fort qui me donne assez d'énergie pour descendre dans le sous-marin.

Le Club : Et vous avez une heure, pour cette cérémonie?

Amélie Nothomb : Ca peut être très tôt. Parfois trois heures du matin. Je dors très peu. En moyenne, deux heures par nuit. Il m'arrive d'être très fatiguée, mais le thé arrange ça. Aujourd'hui, j'ai très peu dormi, mais je pète le feu !

Le Club : Vous n'avez pas d'autre moyen de cultiver votre énergie, comme le yoga, par exemple?

Amélie Nothomb : Je devrais, parce que je vis des moments d'angoisse phénoménale, mais je n'ai pour seul exutoire que l'écriture. C'est ma panacée. C'est plus qu'un métier, c'est ma raison de vivre, et mon moyen de supporter la vie. C'est tout à la fois. Mon but et mon moyen. C'est tout.

Le Club : Il faut écrire pour vivre ou alors ça ne sert à rien.

Amélie Nothomb : Tout à fait d'accord, comme Rilke le dit dans ses lettres à un jeune poète.

Le Club : Vous avez été élevée dans une religion?

Amélie Nothomb : A la base, la famille Nothomb est une des familles les plus catholiques de Belgique, mais si mes parents s'étaient exilés à l'autre bout du monde, c'est qu'ils se sentaient un peu différents. Mais il y avait la Bible à la maison, et il était facile de comprendre que c'était un livre important. A telle enseigne qu'il m'a très vite intéressée. Quand on est tout petit, on est plus accessible au Nouveau Testament, on sent que c'est une histoire d'amour. Dès onze, douze ans, je me suis jetée dans l'Ancien Testament, et j'ai appris des choses à n'en plus finir. Mais les Protestants connaissent beaucoup mieux la Bible que moi.

Le Club : Votre amour du Japon n'est pas allé jusqu'à vous faire adopter le Shintoïsme ou le Bouddhisme, tellement à la mode ?

Amélie Nothomb : Je fais partie de ceux qui croient qu'il y a une part commune à toutes les religions. Le Bouddhisme est une superbe religion, mais moins romanesque que le catholicisme, d'un strict point de vue de romancier. La Bible, c'est quand même une trouvaille. Un scénario picaresque, avec des histoires dans les histoires. Et le Christ est un personnage de roman magnifique. Et puis, j'étais bien placée pour connaître les limites du Bouddhisme. J'ai vécu dans plus de pays bouddhistes que de pays catholiques. Le bouddhisme n'a pas empêché le fascisme japonais, les folies chinoises et khmères. Le plus important, selon moi, est de respecter un principe japonais qui n'est pas un principe religieux mais un principe de civilisation que, malheureusement, eux mêmes n'ont pas toujours respecté : la recherche de l'harmonie. Ça me paraît une très belle théorie pour vivre ensemble.

Le Club : Vous reprochez aux Japonais de ne pas respecter les principes qu'ils ont énoncés...

Amélie Nothomb : En effet, dans mon précédent roman, je racontais mon expérience dans une entreprise japonaise. Je n'ai jamais vu d'endroit aussi peu harmonieux, aussi peu zen, aussi peu bouddhistes, que l'entreprise japonaise.

Le Club : Votre livre pourrait aussi passer pour l'illustration de la célèbre Théorie : tout se joue avant trois ans...

Amélie Nothomb : C'est étonnant de voir qu'en règle générale, les gens ne se souviennent pas de ce qui a le plus compté, à savoir ces trois années fondatrices. La dernière phrase du livre, c'est " ensuite, il ne s'est plus rien passé ", évidemment, il m'est arrivé deux ou trois trucs, mais ce que j'avais envie de dire, c'est tout ce qui se passe après n'est que la conséquence de ces deux ou trois premières années.

Le Club : On vous présente souvent comme une enfant surdouée, j'ai l'impression qu'il s'agirait plutôt d'une enfant plus consciente que les autres ?

Amélie Nothomb : Peut-être. C'est un autre épisode que je raconte dans le livre. L'annonce que j'allais quitter le Japon a tué le temps de l'insouciance. J'ai perdu en insouciance ce que j'ai gagné en extase et en conscience. L'extase venait du fait que je savais que tout ce que je vivais était périssable. Je me répétais " profite bien de ça, parce que ça va pas revenir, et il faut que tu te souviennes ", du coup l'extase était encore plus grande, mais elle comportait sa propre tragédie, elle avait déjà le goût de la mort.

Le Club : Vous avez rêvé d'une autre enfance?

Amélie Nothomb : Quand à 17 ans, en 1984, je suis arrivée en Europe, en l'occurence en Belgique, je n'ai pas envié la vie des petits Belges. J'aime beaucoup mon pays, il a la réputation d'être un pays joyeux mais au début, cela ne m'a pas frappée. J'ai vu la tristesse, la pesanteur, un côté lugubre. Il m'a fallu apprendre à aimer la Belgique, la vie n'y est pas légère.

Le Club : Le paradis, c'était l'enfance ou le Japon?

Amélie Nothomb : C'était l'enfance au Japon. Dans une maison merveilleuse, dans un village de montagne, là aussi c'était comme dans l'Ancien Testament, un jardin. Mais dans la Bible on pouvait rester dans le jardin, tant qu'il n'y avait pas eu une faute. C'est la que je sentais une injustice : " Quelle est ma faute? Pourquoi vais-je être chassée? " La Bible est un livre assez optimiste qui nous laisse croire que si on n'avait pas commis la faute, on serait encore au jardin. C'est pire finalement. On n'a pas commis de faute et on est quand même dans la merde.

Le Club : Vous auriez pu retourner vivre au Japon...

Amélie Nothomb : Ce que j'ai fait, mais je ne m'y sentais plus à ma place. Alors, j'ai fini par comprendre que ma seule vraie nationalité, c'était l'exil. Cela n'a d'ailleurs pas que des mauvais côtés, parce que ça veut dire que l'on peut vivre partout. Mais j'ai vécu dans tant de pays au cours de ma vie qu'à présent, mon fantasme, c'est la sédentarité. C'est de m'enraciner quelque part dans un petit coin banal ou personne ne viendra me retrouver. Un jardin bien invisible avec peu de lumière, beaucoup d'arbres, une cachette. Avec l'âme soeur.
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# Posté le vendredi 03 mars 2006 15:00

Interview pour Fluctuat

Interview pour Fluctuat
Fluctuat : Comment naît, chez vous, l'idée d'un nouveau roman ?

Amélie Nothomb : Alors là, il n'y a pas une méthode, il y en a 36.000. En tout cas ça se fait tout seul, ce n'est pas une chose que je suscite. Tout à coup, je me retrouve enceinte d'un livre - parce que je parle toujours de grossesse - sans l'avoir voulu... Jamais je ne cherche à être enceinte : ça, c'est un phénomène passif. Mais tout à coup, "boum", je me retrouve avec un roman entier dans la tête. Généralement, le déclencheur, c'est moins que rien ; ça peut être quelques mots que j'ai entendus prononcés par des quidams dans la rue, ça peut être une impression, une colère. Il n'y a vraiment pas de règles.

Flu : Dès que vous vous mettez à l'oeuvre, toutes les phases de l'intrigue sont-elles déjà en place dans votre esprit ou avancez-vous à l'aveuglette ?

A.N. : Je dirais que c'est un mélange des deux. Généralement je sais où je vais, j'ai une idée de la cohérence du récit, mais souvent des étapes me manquent. J'écris le livre en partie pour savoir comment je vais en arriver là, pour résoudre un mystère finalement. Il y a aussi eu des cas - c'est très rare mais c'est arrivé - où je ne savais pas du tout où j'allais et où, en écrivant le livre, j'espérais le trouver. Là encore, il n'y a pas une méthode.

Flu : Raturez-vous beaucoup ?

A.N. : Dans ma tête, je rature énormément, parce que j'écris d'abord mes textes dans la tête, mais une fois que le texte atterri sur le papier, il n'y a plus de rature. Ceux qui voient mes manuscrits ont l'impression que c'est très facile pour moi ; ce n'est pas facile du tout en fait, mais c'est dans la tête que se fait le travail.

Flu : Vous est-il déjà arrivé de jeter un manuscrit terminé à la corbeille ?

A.N. : Non, absolument jamais. J'en garde énormément dans mes tiroirs, puisque j'ai dix manuscrits publiés et 30,5 manuscrits non publiés. Mais je n'en jette jamais aucun.

Flu : Et ils sont terminés ceux-là ?

A.N. : Tous. C'est pour ça que je recours toujours à la métaphore de la grossesse, elle est vraiment parfaite. Je n'ai jamais eu de fausse couche, tous ces bébés sont bel et bien nés. Il y en a certains que je ne veux pas montrer pour des raisons très diverses, mais en tout cas, ils sont tous terminés.

Flu : Vous déclarez volontiers que la culpabilité est une de vos obsessions. Ce thème est récurrent de livre en livre. N'est-ce pas en définitive le véritable et seul sujet de tous vos romans, jusqu'au dernier, cette histoire dialoguée d'un combat du "je" avec "l'autre en lui" qui rappelle la formule fameuse de Rimbaud ?

A.N. : La culpabilité est en effet l'un de mes thèmes importants, ceci dit, ça n'est certainement pas le seul, parce que si vous prenez en compte mes romans autobiographiques comme "Le sabotage amoureux", "Stupeur et tremblements" et "Métaphysique des tubes", vous n'y verrez pas de trace de culpabilité. Et même dans d'autres de mes romans qui ne sont pas du tout autobiographiques, la culpabilité n'apparaît pas. Je pense qu'elle joue en effet un rôle direct dans mon oeuvre, mais peut-être pas dans la thématique. Le fait que je sois à 34 ans en train d'écrire mon 41ème manuscrit est significatif de ma culpabilité. Si je ne souffrais pas d'une culpabilité monumentale, en serais-je vraiment arrivé là ? Elle serait plutôt chez moi de l'ordre du moteur que de l'ordre de la thématique.
La formule de Rimbaud, qui est d'ailleurs citée dans le livre est évidemment fondatrice, sauf que je la complète. Dans le livre, j'ai simplifié en faisant "un autre soi", un peu comme Rimbaud, mais en vérité, je pense que "je" n'est pas un autre mais que "je" est 36 milliards d'autres. C'est toujours une imposture de dire "je" parce qu'on parle au singulier alors que ce devrait être un pluriel sans cesse plus nombreux.


Flu : Avec "Stupeur et tremblements" et "Métaphysique des tubes", vous puisez ouvertement dans votre mémoire. Mais on a souvent aussi cette impression que, comme dans "Cosmétique...", vous puisez en toujours en vous, dans des expériences douloureuses...

A.N : C'est exact, mais ce n'est pas autobiographique pour autant. A part la séquence du meurtre du petit garçon à l'age de huit ans qui, elle, est autobiographique - puisque j'ai tué mentalement un garçon dans ma classe et ça a marché - rien n'est autobiographique dans ce livre. Mais, mine de rien, je parle beaucoup de moi. Par exemple, les troubles alimentaires de l'ennemi ; même si je n'ai pas eu exactement ces troubles là, j'ai eu des troubles qui y ressemblaient. D'autre part, la culpabilité dont il souffre est certainement une chose que je retrouve en moi. Sauf que moi, je n'ai rien fait pour en arriver là... je suis une innocente, souffrante culpabilité.

Flu : Mais cette culpabilité, vous la ressentez quand même ? Est-ce que vos romans sont une sorte d'exutoire ?

A.N : Mes romans sont beaucoup de choses et, entre autre, un exutoire, mais pas uniquement ça. Je crois que la finalité profonde de mes romans m'échappera toujours, mais que la culpabilité en est l'un des moteurs.

Flu : Et ce choix de personnages décalés, ou complètement tarés, correspond-il a des obsessions personnelles ?

A.N. : Je vois apparaître ces personnages en moi et je les décris comme ils sont. Mon but n'est pas de créer des personnages fous mais de les décrire tels que je les sens en moi. Je trouve que l'étiquette "fou" ou "décalé" est très insatisfaisante, parce que finalement, qu'est ce qu'on a dit de quelqu'un quand on a dit qu'il était fou ? Encore faut-il expliquer exactement ce qu'il a.

Flu : Vos personnages sont-ils absolument imaginaires ?

A.N. : Ils sont la projection de quelque chose que je ressens, mais ils sont cependant totalement imaginaires. Regardez dans "Hygiène de l'assassin", un livre qui est absolument non autobiographique : je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui ressemblait au personnage de l'écrivain, mais jamais je n'ai créé un personnage qui soit aussi proche de moi. Bon maintenant, vous m'avez vue ? Je ne suis pas exactement son sosie. D'ailleurs je n'ai pas 83 ans, je n'ai pas le prix Nobel et je n'ai jamais tué personne... du moins à ma connaissance. Je crois que c'est dans les oeuvres fictives qu'on a encore le plus de liberté de parler de soi. Mais ce n'est pour ça que ce n'est pas sorti de l'imagination ; elle ne se nourrit pas de rien. Le combustible de l'imagination, c'est ce que l'on a vécu.
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# Posté le samedi 04 mars 2006 05:41

Amélie à Grévin

Amélie à Grévin
Amélie Nothomb a fait son entrée au Musée grévin. Le mannequin de cire a été sculpté par Claus Velte et a inauguré le 4 octobre 2005 son double de cire au musée Grévin. Elle rejoint donc d'autres plumes célèbres du musée de cire, dont Victor Hugo, Marguerite Yourcenar ou Jean-Paul Sartre.

Amélie Nothomb a découvert son double en s'écriant "Stupeur et tremblements!" en référence à son roman du même nom. "J'espère que Grévin pourra me le prêter pour les longues séances de dédicaces ou certains entretiens avec les journalistes" a-t-elle ironisé.

Le personnage de cire de la romancière, sculpté par Claus Velte est assis, le regard aux cieux et les mains sur le coeur, vêtu d'une jupe et d'un long manteau noir paré de brandebourgs. Elle sera confortablement insallée dans un fauteuil du petit théâtre à l'italienne du musée, non loin des personnages de Francis Huster, Bernard Kouchner et Charles Aznavour. Fidèle à l'original, la statue est aussi coiffée du célèbre chapeau noir créé par le modiste belge Elvis Pompilio. "Quand j'ai découvert ce chapeau, j'étais très consciente que j'achetais aussi une identité" a ajouté Amélie.
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# Posté le samedi 04 mars 2006 05:48

Stupeur et tremblements

Stupeur et tremblements
Réalisateur : Alain Corneau

Comédiens : Sylvie Testud (Amélie Nothomb), Kaori Tsuji (Fubuki), Taro Suwa, Bison Katayama, Yasunari Kondo, Sokyu Fujita

Scénaristes : Alain Corneau, Amélie Nothomb

Distributeur : Bac Distribution (France)

Éditeur DVD : Studio Canal

Lieu de tournage : Japon

Sylvie Testud a reçu le César de la meilleure actrice en 2004 pour Stupeur et Tremblements.

Voici un extrait du film : un dialogue entre Amélie Nothomb et Fubuki :
Amélie (voix off) J'avais adoré «FURYO», et ses rapports troubles. À seize ans, il m'avait semblé que la façon de mourir de David Bowie était une belle preuve d'amour.
Amélie Vous avez vu le film «FURYO» ?
Fubuki Oui.
Amélie Vous avez aimé ?
Fubuki La musique était bien, mais malheureusement, l'histoire est mensongère.
Amélie Je pense qu'il faut y voir une métaphore.
Fubuki Une métaphore ? De quoi ?
Amélie Du rapport à l'autre. Par exemple, de nos rapports à nous. Entre vous et moi, il y a la même différence qu'entre Ryuichi Sakamoto, chef de camp, et son prisonnier David Bowie. Le fossé entre l'Orient et l'Occident. Et malgré tout, derrière le conflit, il y a le désir de s'entendre.
Fubuki C'est faux.
Amélie Pourquoi ?
Fubuki Vous ne ressemblez pas à David Bowie.

# Posté le samedi 04 mars 2006 06:02

Modifié le samedi 04 mars 2006 13:00