Résumé :
Hiver 1990. Amélie Nothomb a terminé ses études de philologie romanes à Bruxelles. Elle s'en retourne alors au Japon, pays qu'elle connaît bien pour y être née, afin d'y travailler. Elle rentre alors dans la compagnie Yumimoto pour un contrat de un an. Cet emploi, inespéré pour elle, lui réserve plusieurs surprises dont elle tirera diverses leçons...
Le personnage principal est, bien entendu, Amélie Nothomb qui s'exprime de manière autobiographique.
Elle nous décrit, dans les premières lignes du roman comment se présente la hiérarchie dans la société Yumimoto :
" Monsieur Haneda était le supérieur de monsieur Omochi qui était le supérieur de monsieur Saito, qui était le supérieur de mademoiselle Mori, qui était ma supérieure.
Et moi, je n'étais la supérieure de personne. On pourrait dire les choses autrement. J'étais aux ordres de mademoiselle Mori, qui était aux ordres de monsieur Saito, et ainsi de suite, avec cette précision que les ordres pouvaient, en aval, sauter les échelons hiérarchiques.
Donc, dans la compagnie Yumimoto, j'étais aux ordres de tout le monde."
Amélie déclare dans une interview en août 1999 :
"Tout est vrai à cent pour cent !
C'est une histoire pour laquelle il ne m'a fallu aucune imagination. J'ai réellement travaillé là, en 1990, c'était l'une des plus grosses sociétés japonaises. Ce livre contient l'essence de ce qui allait se passer dans mon itinéraire par la suite..."
"Oui, ce livre est un petit règlement de comptes avec la culture d'entreprise à la japonaise mais nullement contre le Japon."
Extrait d'un article paru dans Le Monde :
Le récit d'Amélie Nothomb est autobiographique. C'est ce qu'elle affirme. Employée subalterne dans une entreprise japonaise, la compagnie Yumimoto, elle fit l'expérience paroxystique de la soumission aberrante. Jeune femme belge en stage à Tokyo, son héroïne se heurte pendant un an, avec fatalité, impudeur et bonhomie, aux codes rigides d'une forteresse commerciale. De déboires en catastrophes, elle dégringole au plus bas de l'échelle, "mon affectation ultime : nettoyeuse de chiottes". Elle découvre aussi la lâcheté des êtres aimés. "Stupeur et tremblements" est un petit régal de lucidité et d'humour. La recette de la talentueuse romancière est dans l'art de produire un texte parfaitement calibré et dégraissé, une sorte d'élégante caricature. La monstruosité du thème en est mitridatisée. Aucune intrusion intempestive (l'accablement par exemple de qui comparerait sa vie débile à celle de l'héroïne) ne vient détourner le lecteur d'une jouissance tranquille ... Ce qui pourrait nous terrifier se transforme en plaisante thérapie. Amélie Nothomb a écrit un excellent polar psychologique. Comtesse de Ségur pour adultes, habile négociatrice du statu quo, elle offre le frémissement sans la peur, l'abîme sans la chute.
