1999 : Stupeur et tremblements

1999 : Stupeur et tremblements
Voilà le livre l'Amélie que j'ai lu en premier, ce qui m'a encouragé à poursuivre! A noter que ce livre a gagné le Grand Prix du roman de l'Académie française en 1999. Le roman a été adapté au cinéma par Alain Corneau en 2003.

Résumé :
Hiver 1990. Amélie Nothomb a terminé ses études de philologie romanes à Bruxelles. Elle s'en retourne alors au Japon, pays qu'elle connaît bien pour y être née, afin d'y travailler. Elle rentre alors dans la compagnie Yumimoto pour un contrat de un an. Cet emploi, inespéré pour elle, lui réserve plusieurs surprises dont elle tirera diverses leçons...

Le personnage principal est, bien entendu, Amélie Nothomb qui s'exprime de manière autobiographique.
Elle nous décrit, dans les premières lignes du roman comment se présente la hiérarchie dans la société Yumimoto :

" Monsieur Haneda était le supérieur de monsieur Omochi qui était le supérieur de monsieur Saito, qui était le supérieur de mademoiselle Mori, qui était ma supérieure.
Et moi, je n'étais la supérieure de personne. On pourrait dire les choses autrement. J'étais aux ordres de mademoiselle Mori, qui était aux ordres de monsieur Saito, et ainsi de suite, avec cette précision que les ordres pouvaient, en aval, sauter les échelons hiérarchiques.
Donc, dans la compagnie Yumimoto, j'étais aux ordres de tout le monde."


Amélie déclare dans une interview en août 1999 :
"Tout est vrai à cent pour cent !
C'est une histoire pour laquelle il ne m'a fallu aucune imagination. J'ai réellement travaillé là, en 1990, c'était l'une des plus grosses sociétés japonaises. Ce livre contient l'essence de ce qui allait se passer dans mon itinéraire par la suite..."
"Oui, ce livre est un petit règlement de comptes avec la culture d'entreprise à la japonaise mais nullement contre le Japon."


Extrait d'un article paru dans Le Monde :
Le récit d'Amélie Nothomb est autobiographique. C'est ce qu'elle affirme. Employée subalterne dans une entreprise japonaise, la compagnie Yumimoto, elle fit l'expérience paroxystique de la soumission aberrante. Jeune femme belge en stage à Tokyo, son héroïne se heurte pendant un an, avec fatalité, impudeur et bonhomie, aux codes rigides d'une forteresse commerciale. De déboires en catastrophes, elle dégringole au plus bas de l'échelle, "mon affectation ultime : nettoyeuse de chiottes". Elle découvre aussi la lâcheté des êtres aimés. "Stupeur et tremblements" est un petit régal de lucidité et d'humour. La recette de la talentueuse romancière est dans l'art de produire un texte parfaitement calibré et dégraissé, une sorte d'élégante caricature. La monstruosité du thème en est mitridatisée. Aucune intrusion intempestive (l'accablement par exemple de qui comparerait sa vie débile à celle de l'héroïne) ne vient détourner le lecteur d'une jouissance tranquille ... Ce qui pourrait nous terrifier se transforme en plaisante thérapie. Amélie Nothomb a écrit un excellent polar psychologique. Comtesse de Ségur pour adultes, habile négociatrice du statu quo, elle offre le frémissement sans la peur, l'abîme sans la chute.

# Posté le mercredi 01 mars 2006 12:27

Modifié le lundi 09 juillet 2007 06:06

2000 : Métaphysique des tubes

2000 : Métaphysique des tubes
Résumé :
Amélie Nothomb nous illustre les aventures et les réflexions d'un jeune nouveau-né qui n'est autre qu'elle-même. Les rencontres avec les éléments du monde qui l'accueille suscite les pensées qu'elle glisse dans son roman. Celui-ci s'étale de la naissance aux trois ans de l'héroïne qui nous dit qu'il ne se passa plus rien après cet âge.

L'héroïne principale du roman est donc Amélie Nothomb. Nous rentrons également dans l'intimité de la famille Nothomb : les deux parents, son frère et sa soeur, Juliette. Deux autres personnages importants interviennent dans le récit : Nishio-san et Kashima-san qui sont les deux gourvenantes au service des Nothomb.

C'est à nouveau le Japon qui sert de cadre à ce roman d'Amélie Nothomb : non plus celui, terrifiant, de l'entreprise, comme dans Stupeur et tremblements, mais celui, presque enchanté, de la petite enfance, celle d'une petite Belge dont le père exerce l'honorable profession de consul ( la même, en passant, que celle du père de l'auteur). Au lieu d'un enfant, c'est plutôt d'un tube - "le Tube", dit encore "la Plante" ou "Dieu", en référence à son contentement inerte et béat - dont il s'agit dans les premières pages du roman, car aucune émotion ni même aucun instinct de survie ne vient animer la chose en forme de bébé qui occupe toute l'attention du narrateur et par conséquent du lecteur. L'éveil de la conscience ne se produira dans le Tube, après deux ans d'existence ingurgitatrice, que "par la grâce du chocolat blanc" venu par avion de Belgique avec une grand-mère providentielle. Commence alors un récit à la première personne narrant la vie de la petite fille, désormais parfaitement éveillée, à la fois "enthousiaste et métaphysique", au coeur d'un jardin et d'un environnement nippons qui ressemblent fort au paradis sur terre. L'héroïne - qui ne croit que l'humanité se résume à deux sortes d'êtres, les Belges et les Japonais - décide de se ranger dans cette dernière catégorie.

# Posté le mercredi 01 mars 2006 12:45

Modifié le jeudi 02 mars 2006 07:37

2001 : Cosmétique de l'ennemi

2001 : Cosmétique de l'ennemi
Ce roman a été adapté au théâtre par Annabelle Milot le 28 février 2005 au Théâtre le Village à Neuilly.

Résumé :
Sans le vouloir, j'avais commis le crime parfait : personne ne m'avait vu venir, à part la victime. La preuve, c'est que je suis toujours en liberté. C'est dans le hall d'un aéroport que tout a commencé. Il savait que ce serait lui. La victime parfaite. Le coupable désigné d'avance. Il lui a suffit de parler. Et d'attendre que le piège se referme. C'est dans le hall d'un aéroport que tout s'est terminé. De toute façon, le hasard n'existe pas.

Le roman se présente sous forme d'un dialogue entre Jérôme Angust (qui attend son avion à l'aéroport) et Textor Texel (l'importun).

Jérôme Angust n'a pas de chance. Non seulement un problème technique retarde son avion, mais en plus un individu fort désagréable et envahissant en profite pour venir lui déverser dans le conduit auditif sa vie et ses considérations sur le monde qui l'entoure. Luttant contre l'acharnement verbal dudit enquiquineur - Texel, Textor Texel, Hollandais - Jérôme n'en conversera pas moins durant près de 140 pages avec lui. Un échange qui, évidemment, bouleversera sa vie.

# Posté le mercredi 01 mars 2006 13:04

2002 : Robert des noms propres

2002 : Robert des noms propres
Résumé :
Pour un écrivain, il n'est pas de plus grande tentation que d'écrire la biographie de son assassin. Robert des noms propres : un titre dictionnaire pour évoquer tous les noms qu'aura dits ma meurtrière avant de prononcer ma sentence. C'est la vie de celle qui me donne la mort.

Plectrude perd sa mère, Lucette, qui se suicide après avoir assassiné son mari. L'enfant est alors recueillie par Clémence, soeur de la défunte. Et c'est l'histoire d'un amour maternel qui commence. Clémence idolâtre la petite fille. Elle passe avec elle des après-midi pendant lesquels elle l'habille en princesse de conte de fée. La petite Plectrude fait partie de celles qui ont la grâce et la beauté. Mais très vite, une autre réalité s'impose, faite de cruauté. L'école primaire d'abord. Puis l'école des petits rats de l'opéra. La jeune fille dépérit, mais sa mère ne le voit pas.

Les avis des lecteurs :
J'aime beaucoup Amélie Nothomb et j'ai rarement été déçue par ses livres. Dès les premières pages de Robert des noms propres, je cherchais le lien entre l'histoire et le titre et il m'a fallu patienter avant de satisfaire ma curiosité. Dans ce livre, on fait la rencontre de Plectrude, enfant au passé lourdement chargé qui possède une force et un don incroyable. Suite au décès prématuré de sa mère, Plectrude est élevée dans la famille de sa tante Clémence, qui développe une fixation malsaine sur l'enfant. Très intéressant comme livre, j'ai bien aimé suivre l'évolution de Plectrude. Et la fin, quoiqu'un peu étrange, m'a séduite par son originalité. Ce n'est pas mon préféré d'Amélie Nothomb. J'ai craqué pour Métaphysique des tubes et pour Hygiène de l'assassin, que j'ai préférés à Robert des noms propres.

**********
C'est le premier que je lis de Nothomb, et je suis... intriguée. C'est la première fois que je ne peux pas dire si j'ai aimé ou pas. C'est bizarre de ne pas savoir. Je n'ai pas d'avis. Ça se lit et puis voilà, ça a été rapide comme lecture, des moments où c'était pas mal, des moments que j'ai détestés. Il faut que j'essaye d'autres romans d'elle pour savoir si j'apprécie ou pas.
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# Posté le jeudi 02 mars 2006 11:10

2003 : Antéchrista

2003 : Antéchrista
Résumé :
J'avais seize ans. Je ne possédais rien, ni biens matériels, ni confort spirituel. Je n'avais pas d'ami, pas d'amour, je n'avais rien vécu. Je n'avais pas d'idées, je n'étais pas sûre d'avoir une âme. Mon corps, c'était tout ce que j'avais.

Succès annoncé, Antéchrista a été tiré à 180.000 exemplaires lors de sa sortie en août 2003.

Les amateurs des romans d'Amélie Nothomb ne seront pas déçus. Son dernier roman décline les thèmes chers à la romancière : le double, la beauté, les questions d'identité, l'amour sous toutes ses formes, l'adolescence, la fascination qui entoure les mystères de l'humain.
Il y a du Tartuffe dans ce nouveau personnage fascinant répondant au nom énigmatique de Christa. L'hypocrisie religieuse en moins, l'éclat de la vie en plus. Comme souvent dans les romans d'Amélie, deux êtres s'affrontent. A la piquante Christa, s'oppose Blanche, jeune fille effacée, sans éclat apparent. L'une s'introduit dans la vie de l'autre, allant presque jusqu'à l'usurpation de son identité. Elle lui vole son intimité, sa chambre, sa famille, ses plaisirs. Christa devient finalement Antéchrista ... Mais il ne faut pas dévoiler ici toutes les clés du roman !
L'affrontement est aussi présent dans des conversations avec soi-même auxquelles se livre Blanche pendant ses nuits d'insomnie. Tout commence avec la fascination qu'une personne forte exerce sur un être faible. Jusqu'où peut aller une telle fascination, un tel culte de l'autre ? Ce sont des interrogations que les adolescentes soulèvent parfois (amitiés exclusives, fanatisme pour telle ou telle célébrité). Elles sont traitées dans le roman avec une franchise finalement rassurante. Les jeunes filles vont adorer, et les adultes retrouveront peut-être une part de leur adolescence. On lit ainsi cette phrase très belle : « j'eusse adoré trouver le mode d'emploi de mon adolescence. » Comment renaître après une adolescence dominée par le mal-être ? Le roman, d'une certaine manière, répond à cette question.

# Posté le jeudi 02 mars 2006 11:24

Modifié le lundi 09 juillet 2007 16:51